>BON. J'ai une question ABSOLUMENT CRUCIALE à poser, accessoirement à élucider. Que faire de moi?
Sérieusement. Sujet-bateau? Ben oui, et alors?
Quel est le problème? Manque de maturité? De responsabilité? Incapacité à se poser des contraintes? Peur de prendre des risques, d'aller de l'avant? "Paresse" ou "peur", quel est le mot-clef?
Paresse parce qu'on est toujours porté vers la facilité. Vers ce qui nous semble, personnellement, le plus facile. C'est humain. Il m'est plus facile de rester en célibat. Il m'est plus facile de ne pas fournir d'efforts. Forcément, je n'apprends rien à personne. Je pourrais l'avoir en plus, j'en suis sûre. C'est juste que je ne fais rien pour. On m'interroge sur mes relations amoureuses, je grimace, je déteste en parler, j'ai toujours détesté ça, sauf si je suis à un point vraiment crucial, mais bon ça n'est pas tous les jours non plus. On aime bien l'habitude, c'est confortable. Ceux qui ont pris l'habitude de multiplier les conquêtes ont peur de l'engagement à long terme, de peur de briser le système qu'ils se sont crées, sur lequel ils reposent et qui leur convient, au fond, même s'il peut y avoir des regrets. Idem pour ceux qui ont pris l'habitude d'avoir toujours quelqu'un en touche, qu'il soit fantasme ou non: ils perpétuent toujours ce système, se créent de nouveaux fantasmes et de nouveaux "coups de foudres" (
*Il est est troop mignon. Oh my god!
*Il est là,
*il est là,
*il est là, regarde! Mais non, te retourne pas! Pff, t'es vraiment pas discrète... Oh my god!
*Il m'a regardé, je te JURE,
*il m'a REGARDEE! Tu crois que je devrais aller
*lui parler... J'ose pas... oh là là, pffioou, qu'est-ce qu'il est beau... Tu sais quoi tu vas m'aider, on va instaurer une technique, genre eeuh... Genre tu vois tu me bouscules ou je sais pas? T'as pas une idée en fait? Parce que bon là... Attends. T'as vu, là? T'as vu ou pas?
*Il m'a pas regardée encore?) Sont-ce seulement les hormones adolescentes? Bon d'accord c'est très, très cliché. J'ai une autre version qui l'est moins: celles qui ne cessent de guetter du coin de l'oeil untel qu'elles disent considérer comme un ami ou copain, qui se soignent pour rien, sourient, bavardent et n'entreprennent rien d'autre qu'une relation d'amitié, et qui de là intériorisent leur fantasme. Au fond je sais même pas si, dans les deux cas, la fille croit elle-même à son fantasme. Je pense qu'elle se le crée tout d'abord, par ennui, par volonté de divertissement (et c'est vrai que c'est divertissant, pour soi et pour les autres (enfin ceux qui ont la patience d'écouter pour pouvoir eux-mêmes s'épancher après en tout cas)), et à force d'alimenter son fantasme, seule ou avec la participation de l'autre, elle finit par se persuader qu'elle est "in love".
Peur. Parce qu'elle est liée à la paresse. Parce qu'au regard de l'expérience personnelle, se forment des peurs. De la nouveauté ou de la reproduction. Ceux qui ont été déçus ont peur de l'être à nouveau. Ceux qui ont déçus ont peur de déçevoir à nouveau (c'est mon cas, et je vous assure que c'est tout aussi paralysant).
Cette peur de décevoir... Je la retrouve souvent. Dans mon affectif, dans mon travail, dans ma famille, dans mes amitiés (moins peut-être ici). J'ai l'impression d'avoir trop déçu, trop souvent, trop de monde, trop de fois, et je continue encore, c'est hyper-complexant de voir combien les gens mettent de l'espoir en soi et qu'on est pas capable de relever le niveau. Usant. Commentaire du conseil de classe: Pourrait atteindre des sommets.
Myuuuuffmmff. Bien sûr que ça fait plaisir, mais quand on se retrouve à côté de ça et "Bilan convenable" avec des résultas très (très) médiocres, on se pose des questions quand même, et pas que je ne foute rien en plus. Même chose en amour. Même chose en famille. Et même chose pour moi-même: je finis par me conformer à cet idéal démesuré, et exige trop de moi (d'où cette "rigidité" dont parle ma meilleure amie pour définir un des traits de ma personnalité), par contraste avec ce que je fais. C'est usant de déçevoir. Et focrément on se pose la question: bon, j'ai sûrement des capacités. Alors qu'est-ce qui cloche?
Le facteur de volonté? Logiqement, ce devrait être ça: la volonté est des plus grands facteurs de réussite. Sûrement. Pourquoi ce non à la volonté? Par paresse, par conformité, par facilité, aisance, par une fausse impression de sécurité? La médiocrité est tellement reposante (qu'on s'y repose sans arrêt dessus). Je rêvasse, souvent, je rêvasse, je me laisse un peu porter, je me fonds, je fluctue un peu. Je ne sais pas. Je n'ai jamais su saisir les bonnes opportunités: je crois que je ne sais pas les voir, peut-être parce qu'au fond je me fiche un peu de les voir.
Le fond du problème est-il un problème de goût et d'aspiration? J'aime réussir, évidemment. C'est toujours flatteur. Mais au-delà de ça? Est-ce un but?
Il faut que je me ressaisisse.
Je sais, je dis tout le temps ça.
Ce blog devient vraiment un blog défouloir pour mes états d'âme bien plus qu'un blog littéraire comme j'en avais au départ l'intention. Mais bon, je suppose que c'est normal.
Je me suis trouvé une nouvelle copine, qui aime le cinéma d'art et d'essai comme moi, hallelujah, je vais pouvoir avoir des conversations intéressantes sur l'art.
Au passage j'écoute Lou Reed en boucle en ce moment. J'adore.
C'est comme partout, comme en littérature. La musique moderne ne semble pas à la hauteur. Parce que le temps n'a pas encore fait le tri. Que dis-je, le temps. On dirait que c'est une entité vivante en elle-même, alors que c'est une notion façonnée par l'homme. Le temps n'est pas un dieu. L'homme est son propre dieu et son propre diable. Enfin c'est l'homme, tout simplement et tout complexement: un gigantesque Paradoxe.
Somnanbule, je cauchemarde mon identité. Si encore j'avais la Littérature pour me sauver. Mais je n'y crois plus vraiment. Hallelujah
...
Pix: Dad, by Helder Olino, found on ... (forgot the name of the
DA, sorry)